Le Paradoxe de la Femme Moderne

Ma mère : Tu sais qu’à ton âge, j’étais déjà mariée?

Moi : Tu sais qu’à ton âge, je serai probablement déjà divorcée?

Le jour de ma remise de diplôme universitaire, à mes 23 ans, mon père a organisé une petite fête chez lui, à Saint-Hubert. Il y avait des tas de tontons et tantines que je croise, genre, à toutes les deux années bissextiles. Une tantine s’est approchée de moi, grand sourire aux lèvres, m’a serrée la pince et m’a lancé, mot pour mot, phrase pour phrase : « Félicitations pour ton diplôme! Alors, à quand le mariage et les enfants? »

J’ai failli recracher mon brownie dans sa face. L’association entre les deux thèmes me demeure encore nébuleuse. En une seule question, cette tantine des enfers a illustré ce que j’appelle « le paradoxe de la femme moderne » plus particulièrement celui de la femme-moderne-née-de-parents-immigrants-et-un-tantinet-conservateur-/-traditionnel-/- vieux-jeu-/-tout-ce-qui-m’inspire-horreur-à-vrai-dire.

En d’autres mots, en ce moment, à l’âge de 25 ans (hiiiiiii! depuis trois jours!), je suis un échec. Pas de fiancé, pas de mariage en vue. Peu importe l’obtention du fameux diplôme d’une université prestigieuse. À trente ans, si c’est encore le cas, je vais probablement me faire amener au bûcher. Le hic dans tout ça, c’est que si j’avais trente ans et un fiancé/enfants à l’horizon, mais pas de diplôme, je serais quand même considérée comme un échec (un bien moins grave échec, mais un échec pareil). Il n’y a pas d’issues : pour « réussir » ma vie, il faudrait qu’aujourd’hui, je sois mariée, mère et travailleuse professionnelle (de préférence, dans les domaines suivants : génie, médecine, droit, business). La femme moderne. La Superwoman.

On est d’accord pour dire que Superwoman, c’est un personnage de fiction, n’est-ce pas?

L’idéal féminin véhiculé par la société du 21e siècle est, à mes yeux, une utopie. En voulant désacraliser la femme et la libérer de sa condition de bonne femme à la maison, je trouve qu’on l’a plutôt enchaînée. La mère au foyer est maintenant regardée de haut (même par certaines femmes), alors qu’elle n’est pas moins intelligente, forte et occupée que la femme de carrière. Et, la célibataire dans la trentaine/quarantaine est tout aussi regardée de haut, jugée trop rapidement (n’est-elle pas capable de se trouver un homme? Pourquoi n’a-t-elle pas d’enfants? Qu’est-ce qui a mal tourné avec elle?)

Je ne dis pas que la Superwoman, qui a réussi à combiner mariage/enfant/succès professionnel, est un état impossible à atteindre ou un état que je désapprouve. Ce que je désapprouve, en fait, c’est la pression sociale que l’on exerce sur nous pour l’être. Comme si c’était réellement l’idéal à décrocher et que toutes les autres situations étaient des échecs. Ne peut-on pas être tout simplement femme, peu importe notre situation matrimoniale, sociale et culturelle?

Advertisements

8 thoughts on “Le Paradoxe de la Femme Moderne

  1. Grandes questions que voilà…
    On se les pose à 25 ans, à 35, à … Ça n’arrête pas vraiment.
    Peut-être est-ce sain ? 😉

    • Je ne sais pas… il y a des jours, comme aujourd’hui, que j’ai n’ai pas envie de juste me poser des questions, je veux carrément me rebeller.

  2. Hé oui. Nos grand-mères et nos mères se sont battues pour avoir la possibilité d’étudier même si elles étaient des femmes et de travailler malgré leur statut de mère. Maintenant, on en a l’obligation.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s