Environ 12,600 heures plus tard… (oui, j’ai calculé en gros)

Quelqu’un, l’autre jour, m’a demandé : « Depuis quand est-ce que tu travailles sur ton roman? »

Moi : Hein? Mon premier ou le deuxième ou le tout?

Ce quelqu’un : Ben, disons le 2e.

Moi : Depuis octo…

Je me suis interrompue. Non, c’est faux, ça fait bien plus longtemps que ça. J’ai des cahiers de notes sur le 2e qui datent de 2010. En ce moment, j’ai mon petit Moleskine rouge devant les yeux et la première page (j’inscris toujours la date sur les pages de tous les cahiers que j’utilise) remonte au 25 septembre 2010.

Moi : Depuis le moment où j’ai envoyé mon premier tome aux maisons d’édition, en mars-avril 2010.

Quelqu’un : 2010, hein… et combien d’heures investis-tu là-dedans?

Moi : Hein? Par jour? Par semaine?

Quelqu’un : Comme tu vois.

Moi : Euh… ça dépend de mon emploi, de mon énergie, de mon inspiration, du temps que j’ai, etc… sans compter les heures où je n’écris pas à la main, mais j’écris dans ma tête, parce que j’y pense constamment.

Quelqu’un : Non, mais tu imagines? Depuis 2010? Le nombre d’heures que tu y consacres?

Je ne sais pas quel était le but de cette personne en me disant ça. Je ne m’étais jamais arrêtée pour me poser la question. Je n’ai pas vu le temps filer devant moi, je n’ai pas compté les minutes que j’ai partagé avec mes personnages depuis qu’ils sont nés, en 2008.

J’ai. Tout. Simplement. FREAK-OUT.

Vrai comme je vous dis. J’ai paniqué. Tout d’un coup, ça me semblait immense, grotesque, tout ce que j’ai investi là-dedans, et là, je ne parle que du 2e tome. Je me suis remise en question, je me suis demandé « Est-ce que ça en vaut vraiment la peine?  Est-ce que j’aurais pu faire autre chose à la place? Comme, euh, profiter du soleil ou quelque chose dans le genre? N’est-ce pas ridicule de tourner et tourner la marmite comme ça? »

J’ai détesté cette personne pour m’avoir posé cette question, qui à priori, semblait innocente. Ça me travaille depuis, ça m’a complètement chamboulée. Est-ce que j’ai envie de faire ça toute ma vie? Est-ce que je rate quelque chose?

Mais, d’un autre côté… ne suis-je pas en train de réaliser un travail que j’aime? Oui, je sacrifie beaucoup d’activités, de moments avec mes amis ou ma famille et même du foutu soleil. Mais je préfère cent fois mieux sacrifier un morceau de ma vie pour quelque chose que j’aime, non, que j’ADORE, que de le perdre pour une activité que je détesterais.

Cela dit, j’ai terminé et envoyé mon deuxième tome vendredi passé.

PS : OUI, c’est normal qu’il y ait des erreurs syntaxiques, grammaticales ou autres dans ce billet. Je ne les vois même plus. Après ce marathon que j’ai vécu en rédigeant mon deuxième tome, vous pensez VRAIMENT que j’ai la tête à me recorriger? Même Antidote, je suis plus capable. Alors, je me la coule douce juste pour aujourd’hui.

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15 thoughts on “Environ 12,600 heures plus tard… (oui, j’ai calculé en gros)

  1. Surtout, ne fais jamais, JAMAIS, le calcul de diviser ton premier chèque de droits d’auteurs par le nombre d’heures passées pour y voir ton taux horraire! Déprime garantie!

    • AH, mon DIEU, je ne pensais même pas encore au chèque. C’est encore très très très loin de ma tête. Mais, merci du conseil! C’était déjà déprimant de compter les heures, je vais pas commencer à calculer mon taux horaire en plus, hahahaha!

  2. Eh bien, si ça peut te consoler, on se pose les mêmes questions, Didie. Et le même qualificatif me vient parfois à l’esprit : …grotesque. 😦

    Parfois je me dis que je pourrais faire quelque chose de plus utile de mon temps. Puis, je me ravise et je suis contente d’écrire. 😉

    • Oui; la question m’a beaucoup bouleversée, mais avant qu’elle ne s’immisce dans mon esprit, je n’avais pas de problèmes à me plonger autant d’heures là-dedans. Je crois que le problème est, en autres, une histoire d’équilibre comme le mentionne Audrey, mais aussi ce que l’on s’attend de l’écriture. Écrit-on pour devenir célèbre? Avoir du succès? Vendre des millions de copies? Ou écrit-on tout simplement pour raconter une histoire? Quand j’étale mes mots sur papier en gardant à l’esprit que je veux juste écrire pour écrire et parce que j’aime ça, sans m’attendre à autre chose qu’être satisfaite par le résultat, j’ai l’esprit plus léger. Mais si je commence à me douter et remettre en cause l’utilité de ce que je fais, c’est là que mon travail devient un fardeau, et je ne veux pas que ce soit le cas. C’est pour cela que j’ai décidé,à partir de demain (parce qu’aujourd’hui je me donne le droit de douter et me laisser envahir par Le FREAK OUT), de ne plus m’arrêter sur le sujet.

  3. Je crois qu’on se pose tous ce genre de questions à un moment ou à un autre, l’écriture demande tellement d’énergie, à toi de trouver ton équilibre. Je suis passée par là après l’écriture de MG, j’en avais marre de passer mon temps avec des personnages virtuels, je me demandais si ça en valait la peine (attends de faire ton premier salon et tu auras la réponse !) et petit à petit j’ai rééquilibré la place que je donne à l’écriture dans ma vie. C’est toujours intense les premiers romans, on se donne totalement et sans compter, ensuite on en ressort en un peu épuisée et avec plein de questions, et puis après on trouve son équilibre. En tout cas, c’est ce qui s’est passé pour moi !

    • ÉQUILIBRE! Tu as exactement mis le doigt sur l’un de mes dilemmes. Des fois, c’est trop intense, à d’autres instants, il y a rien pantoute. Puisqu’en ce moment, je suis toujours en train de ré-évaluer la place que je veux intégrer pour l’écriture dans ma vie ( soit décider si j’en ferai carrière ou non), l’équilibre, pour l’instant, va continuer à prendre le bord. Mais ça me rassure que tu me partages ton expérience, comme quoi il y a un moment où tout finira bien par se replacer…

  4. Une chose est sûre, je ne me passerais pas de la sagesse d’Audrey. Trop précieuse pour la jeune romancière que je suis.
    On est chanceuses de l’avoir.
    Merci Audrey. 😉

  5. Wow… belle réponse, Audrey! Je vais emprunter les mots de Sylvie: belle sagesse 🙂

    De mon côté, Didie, je me pose à peu près les mêmes questions que toi. Mais quand je compare le temps que je dédie à ma passion, versus le temps que plusieurs perde à faire des trucs qu’ils détestent… ou à ne rien faire (télé, internet, …)

    Écrire, c’est investir du temps dans quelque chose qui reste, dans quelque chose de tangible, dans un projet sur lequel on peut s’appuyer…

  6. Quelle étrange question (tu m’étonnes que ça te travaille “xD)
    Mais je suis soulagée que tu en finisses par cette conclusion : je pense aussi que si tu as passé du temps à faire quelque chose que tu aimes, que tu adores comme tu dis, alors c’est pas du temps perdu. C’est JAMAIS du temps perdu.
    Et nous qui te lisons, pour ceux et celles qui ont eu le privilège de connaitre Ex-Hantise avant, ne pouvons que te jurer qu’on est heureux que tu y ais passé du temps.
    Et puis en effet Audrey a bien raison : trouver l’équilibre c’est sûrement la solution.

    En attendant tu es une jeune auteure, laisse toi le temps de tater le terrain pour trouver TON équilibre 😉

    (et t’as fini le tome 2 ? Mais c’est super !! Bravo bravo bravo ! (atta cette rédaction je l’ai pas vu passer moi xD Le temps fiiiiiiile))

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