Comment s’enfermer dans un congélateur avec classe…

Je vous avais promis une anecdote.

La majorité d’entre vous a voté pour que je vous raconte la fois où je me suis enfermée dans un congélateur d’un McDonald.

Je suis très, très, très déçue par votre choix.

Ce fut une expérience assez traumatisante, merci. Beaucoup moins drôle que la fois où je me suis cassé la binette au ciné, mais bon, le vote est fait. Préparez vos mouchoirs.

J’avais quinze ans et c’était ma première job à vie. Ce fut les pire six mois de mon existence. Un, mon gérant était un colon. Deux, le pantalon de mon uniforme était trop court et comme j’oubliais tout le temps ce léger détail, j’enfilais toujours une paire de chaussettes blanches, ce qui n’était pas très fashion avec le pantalon trop court. Résultat : on m’a surnommée Michael Jackson pendant six mois. Trois, l’un de mes collègues se foutait inlassablement de la petite prude de quinze ans que j’étais, en faisant des gestes et des allusions sexuelles avec n’importe quel objet qui lui tombait sous la main, dont la machine à crème glacée (vous ne voulez vraiment pas savoir). Quatre, j’ai été victime d’intoxication alimentaire (je ne mange plus de Big Mac depuis) et je me suis retrouvée quatre jours à l’hôpital, alimentée par un tube qui me rentrait dans le bras et des suppositoires (jusqu’à maintenant, j’ai une peur bleue des hôpitaux).

Cinq, je suis restée coincée dans le congélateur.

On appelle cette machine de torture un walk-in : un réfrigérateur géant dans lequel est emmagasiné la viande et autres mystères (je ne suis pas certaine de l’origine de tout ce qui se consomme au McDonald). Tu rentres dedans, tu prends ce que tu as besoin, tu ressors.

Du moins, c’est le principe voulu.

Un jour, Colon (mon gérant) me demande d’aller chercher je-ne-sais-quoi dans le walk-in. Je m’attèle à la tâche, complètement frigorifiée en moins d’une seconde. Je trouve ledit je-ne-sais-quoi, je l’attrape vite fait afin de sortir au plus sacrant de ce mini Pôle Nord, mais, lorsque je me retourne, horreur! La porte s’est refermée derrière moi…

et il n’y a pas de poignée!

Au début, je tente de garder mon calme. Voyons donc, un walk-in ne peut pas être un walk-in sans être aussi un walk-out! S’il n’y avait pas de poignée, c’est qu’il y avait un autre moyen de sortir, non? Je tâte la porte, je regarde sur les côtés (peut-être qu’il y a un petit bouton rouge Exit quelque part?), je pivote sur moi-même ( peut-être qu’il y a une seconde porte), je regarde en dessous de mes pieds (peut-être que… euh…?)

La panique me ronge lentement l’estomac. Je ne sens plus mes doigts, des petites buées s’échappent de mes lèvres, mon cœur bat super méga vite. Je touche la porte, la paroi glacée me brûle les paumes. Je cogne, je cherche frénétiquement une poignée que je sais inexistante.

Je cède à l’affolement.

« AU SECOURS! À L’AIDE, AIDEZ-MOI! JE SUIS COINCÉE ! JE VEUX PAS MOURIR! JE VEUX PAS MOURIR! »

Personne ne vient à ma rescousse. C’est injuste, pourquoi moi? Pourquoi mourir dans le froid? Pourquoi mourir maintenant? Je suis trop jeune, je ne suis pas encore allée à Walt Disney!!!!

Au moment où je crois que ça y est, c’est fini, personne ne m’entend, je vais mourir ici et devenir un Popsicle africain ou pire, devenir le futur McPoulet de la semaine prochaine, la porte s’ouvre sur l’un de mes collègues. Je me lance dans ses bras en sanglotant, en tremblant de tous mes membres, en balbutiant mille mercis. Je suis presque à genoux, je lui offre ma gratitude éternelle plus plus plus infini, je suis à deux doigts de jurer que je donnerai son prénom à mon premier fils. Il me fixe, l’air aussi ému qu’un plancton mort.

« Edith. Je vais te montrer quelque chose. »

Il entre dans le walk-in, referme la porte. Je hurle : « Mais t’es malade! Maintenant, on est tous les deux coincés! » Au même instant, mon collègue appuie  sa main sur la porte puis la pousse.

La porte s’ouvre.

Aussi facilement que ça.

Je ne me suis jamais sentie aussi imbécile de ma vie.

(À part la fois où je suis restée coincée dans une balançoire pour bébés, mais ÇA, c’est une autre histoire).

Allez, je vous laisse pour le week-end avec mes coups de cœur :

Premièrement, je tiens à féliciter Annie pour la sortie de son premier roman, DÉSESPÉRÉS S’ABSTENIR ! J’ai raté le lancement 😦  (qui était mardi), mais ce week-end, je vais me procurer le tome! Bravo, Annie! J’espère que tu flottes toujours sur un petit nuage, profite de cet instant et je te souhaite plein de succès! Tous les autres, ALLEZ acheter son livre, OK?!

Mes deux autres coups de cœur sont des portfolios qui m’ont particulièrement impressionnée!

www.3DVF.com : Portfolio de Brun erwann | ayoli.

Amylrun’s Sky.

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8 thoughts on “Comment s’enfermer dans un congélateur avec classe…

  1. omfg Oo
    Ça a de quoi être traumatisant je te l’accorde. Tu es rassurée si je te dis que je n’aurais moi non plus jamais trouvé cette technique d’ouverture ? La panique ça te congèle le cerveau encore mieux qu’un walk-in je pense ^^”

    • Tu parles! Tu deviens quasiment légume! En tout cas, je ne mettrai plus jamais les pieds dans un walk-in, même si ma vie en dépendait!!!!

  2. Pauvre toi !! L’important c’est que tu tires quelque chose de ces expériences : de bonnes émotions à transposer dans tes romans. 😉
    Maintenant, j’attends l’histoire de la balançoire… hihi

    • Hahaha, je pourrais peut-être enfermer Robin dans un congélateur aussi… ça lui ferait du bien de temps en temps, hahaha.

      Qu’est-ce que vous avez tous avec cette histoire de balançoires? Lol… je vais y réfléchir avant de la raconter… ce n’est pas très reluisant pour ma réputation…

  3. Voilà, c’est dit, je vais t’appeler Mickael Jackson maintenant !!! Bon ben moi je veux entendre celle où tu es restée coincée dans la balancoire pour bébé. Tu devrais écrire un livre sur tes anecdotes !

    • Ose m’appeller Michael Jackson… * ton menaçant*

      La fois où je suis restée coincée dans une balançoire de bébés ne me montre pas sous mon meilleur jour alors je vais garder ça pour moi!! hahaha!

  4. Y’a des gens qui ont tellement d’aventures! Ma copine de bureau est pareille que toi et on rit beaucoup (enfin, surtout après ses mésaventures), mais je suis d’accord avec Audrey: un jour, tu auras un tas d’histoires à raconter dans ton autobiographie 😉

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