My voice

Je n’écris pas comme je parle.

Mais je blogue comme je parle.

Je ne suis pas ce que j’écris.

Mais ce que j’écris définit ce que je suis.

J’écris ce que je lis.

Mais je ne lis pas toujours ce que j’écris.

 

Je n’écris pas comme je parle.

Souvent, quand les gens apprennent que j’écris, ils écarquillent les yeux de surprise et font des « Ah bon, t’écris? » qui frôlent l’insolence parce que la question sonne plus comme « Tu sais écrire, toi? ». Un peu comme la fois où l’une de mes boss au travail s’est écriée « Tu étudies en psycho? À l’Université?” mais ça sonnait plutôt « Tu étudies? T’es pas une bum dans la rue?!” (Grosse vache, va).

Mais je blogue comme je parle.

Je veux être authentique. Je veux que ce blog ressemble à cette fille dégingandée, lunatique, sarcastique, légèrement étourdie, qui trébuche sur des cracs invisibles dans le plancher, qui dit des choses déplacées au mauvais moment, qui rit souvent, qui bégaie quand elle est gênée, qui fonce dans des poteaux alors qu’elle regarde droit devant elle (ne me demandez pas comment), avec qui on a des conversations décousues parce que sa pensée change tout le temps de direction et qui fait des JSV (Jokes Sans le Vouloir) à tour de bras.

Je ne suis pas ce que j’écris.

Ça m’a pris un moment à apprivoiser cette dichotomie entre ce que je suis et ce que j’écris. Mes propos sont légers mais je plonge ma plume dans le sombre, le morbide, le glauque. Du sang, du sang, du sang, j’en veux quand j’écris. J’aborde tous les thèmes noirs, parfois tabous, qui me fascinent. Le suicide. La peur. La violence. L’étrange. L’amour possessif. La haine. Le meurtre. Le viol. Je ne les écris pas toujours de la même façon. Parfois, je ne fais que brosser le sujet.  Mais les thèmes reviennent toujours, que ce soit dans la trame principale ou dans le background de l’histoire. Si ça m’a parfois inquiétée, cette récurrence de thèmes, j’ai compris que les écrire, c’était ma façon de m’interroger, de lancer le débat,de dénoncer, d’exorciser mes pires cauchemars, d’expier cette rage silencieuse et cette incompréhension qui grondent en moi face à certains évènements.

Mais ce que j’écris définit ce que je suis.

C’est ce que j’adore à propos de la nature humaine.  Les gens qui nous entourent, que nous côtoyons chaque jour ou presque, ce ne sont que des sommets d’iceberg.  Nous avons tous une facette cachée, un talent secret, un mystère irrésolu. (À part Jean Charest, j’ai l’impression que de lui, on a tout vu, il n’en sortira pas d’autres).

Alors même si ça m’énerve, même si ça me blesse, me vexe, m’irrite, m’ennuie, ça me flatte aussi d’entendre le ton de surprise quand on apprend que j’écris. J’aime posséder deux facettes complètement différentes et qui pourtant, me complètent.

J’écris ce que je lis.

À quoi ça me servirait d’écrire dans un genre que je n’aime pas lire? Je n’aurais pas plus de fun à le rédiger qu’à le lire et ce, même si j’avais le talent pour le faire.

Mais je ne lis pas toujours ce que j’écris.

Ça m’arrive de lire autre chose que de l’horreur. Ou de la fantastique. Ou de la littérature jeunesse.

Pourvu que c’est bon.

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